samedi 25 juillet 2026
dimanche 17 novembre 2024
Faim de voyage ?
On ne sait plus trop si on doit continuer à voyager ou rester calfeutré, de peur de dépenser trop, de voir des choses qu'on ne devrait pas voir, de participer au gonflement de la dette publique ou au dépassement des limites planétaires, sans l'avoir voulu.
Mais il est un voyage qu'on peut faire sans peine, avec un minimum de dépenses, de transports et un maximum de découvertes : lire !
Lire la nouvelle presse, lire des biographies, des récits ou des romans, lire ce qui nous tombe sous la main et même lire par dessus l'épaule de son voisin.
Sans compter tout ce qu'on peut offrir à lire... Alors sans bande rouge ni flonflon, sans télé ni salon, voici le tout dernier récit qui vous mènera de l'Antiquité à des surlendemains qui vous enchanteront peut-être. Et qui sait ? Il vous donnera peut-être envie d'agir pour que le monde aille un tout petit peu mieux.
Les voyageurs à destination d'Olympie sont attendus ici.
dimanche 10 janvier 2021
sourate d'enfermement
Car l'amour demande un peu d'avenir, et il n'y avait plus pour nous que des instants.
jeudi 13 août 2020
Le bonheur des ponts
Pouvoir enjamber un long fleuve tranquille comme une rivière tumultueuse.
S'arrêter systématiquement au beau milieu pour regarder l'eau couler.
Jeter une petite branche comme un bateau et courir de l'autre côté pour la voir passer.
Jouer à Indiana Jones en fermant les yeux avant de faire le premier pas.
Les admirer de loin, dans la brume du matin.
Ne pas comprendre les lois qui régissent leur construction.
Se dire qu'on a de la chance qu'il n'y ait plus d'octroi.
Compter le nombre de ceux qui ont été construits grâce à un pacte avec le diable.
Passer en bateau dessous, lever la tête et regarder les gens qui passent dessus.
Savoir qu'on ne pourra jamais en faire une collection.
dimanche 10 mai 2020
La revanche des départements
Ils sont nés de la Révolution et au nombre de quatre vingt trois, à l'origine. Les départements français, échelon de proximité et d'identité, ont une histoire plein de rebondissements au fil des siècles. Je ne peux m'empêcher, en ces jours endeuillés, de leur tirer mon chapeau, vu qu'ils sont désormais notre référence, notre frontière naturelle qu'on ne peut plus franchir sous peine d'amende.
Si Condorcet, juste avant 1789, avait déterminé le territoire des districts suffisamment grand pour le parcourir en une journée de cheval environ, voilà qu'en 2020, le Ministère de l'Intérieur en refait un quadrillage national qui correspond à notre aire de liberté de déplacement. Les hoquets de l'histoire...
L'Histoire avec un grand H ayant modifié la géographie des empires, nous n'avons donc plus aujourd'hui que nos fameux départements d'outre mer pour voyager et rêver à l'intérieur des frontières. Mais savez-vous qu'il a existé des départements espagnols, luxembourgeois, hollandais, voire américains, au cours du Premier Empire ?
Et puis surtout, il y eut les départements français de Grèce : Corcyre (Corfou), Ithaque et Cythère, où j'aimerais tant me promener sous les bougainvillées qui doivent être en fleurs, comme chaque année au mois de mai...
vendredi 8 mai 2020
l'art de ne rien dire au sujet de la culture
Sans eux, sans art ni culture diffusée gratuitement sur les écrans, que serions nous devenus ? Beaucoup d'entre eux nous ont offert des montages incroyables, depuis chez eux, qui nous émerveillent et qui personnellement me font toujours pleurer.
Quelques pépites, qui ne fleurissent pas sur les réseaux, mais qui ne s'adressent pas qu'aux initiés, même si...
Le site de la Cinémathèque qui ouvre ses portes aux "lettres de cinéma", courts métrages envoyés par des réalisateurs ou autres et qui montrent combien le vécu est différent, souvent douloureux. j'ai pas tout aimé, loin de là et c'est souvent fait avec les moyens du bord, mais il y a des trésors comme les poésies, dites par Jean-Louis Trintignant, vieillissant mais toujours avec sa voix charmeuse, quelques minutes qu'on souhaiterait voir durer indéfiniment.
Et puis cette phrase, attrapée au détour d'un autre film : Je cherche l'homme qui est plus fragile que son enfant.
Le Getty Museum et son challenge de parodies d'oeuvres d'art, ici
J'aime l'imagination débordante de certains et pour d'autres, l'investissement pour atteindre la perfection.Admirable et excellente idée. Et tellement drôle à réaliser !
Il existe des centaines d'autres petites idées permettant à chacun de ne pas rester solitaire, en participant à des réalisations collectives. Il faut les chercher car elles passent à travers les mailles des recherches "grand public" : par exemple celle-ci
Sans oublier les incontournables shadock et les autres archives de l'INA : quand tu tombes sur les Shadoks, que tu te dis que tu vas regarder 5mn et que tu regardes toujours au bout d'une heure...
Et bien entendu quand le moral tombe par terre, Les Goguettes (en trio mais à quatre) sont toujours là, avec les moyens du bord mais toujours aussi bons
On a encore le temps d'y passer du temps...
dimanche 26 avril 2020
Bestiaire
dimanche 19 avril 2020
mercredi 15 avril 2020
Confinement vs liberté
On modifie l'environnement depuis tant d'années que la nature se rebelle.
Les humains restent cloîtrés et la nature... est en joie : vent quotidien qui balaie tout sur son passage ; arbres et taillis foisonnants ; animalerie en goguette.
Les oiseaux sont les rois des toits et des branchages et pépient dans un silence assourdissant.
Les hérissons ne sont plus inquiétés et peuvent traverser en toute sérénité.
Tout est arrêté.
mardi 14 janvier 2020
lundi 9 décembre 2019
les vacances
A tous ceux qui ne feront que regarder les lumières de Noël
A tous ceux qui espèrent un jour meilleur
A tous ceux qui ne veulent plus de festivités outrancières
Des guirlandes suspendues, de papier ou naturelles
Belles comme un matin d'hiver, ouaté et neigeux
Où l'on prend le temps de les admirer
Silencieusement
lundi 4 novembre 2019
Degas et moi, à l'opéra
Il y a le peintre, il y a l'homme.
Il y a la petite danseuse de cire et toutes les autres, en peinture, au fusain.
Il y a les femmes, nues ou moitié habillées.
C'est Degas, en somme. En exposition au Musée d'Orsay, à Paris, jusqu'au 19 janvier prochain. Et si on veut se plonger dans l'époque, pas si froufroutante que ça, on peut aller flâner sous les ors du palais Garnier.
En prime, la 3ème scène de l'Opéra Bastille, qui parfois offre de petits bijoux, comme ici.
lundi 28 octobre 2019
A la recherche du blob perdu
dimanche 22 septembre 2019
Une histoire de fous
mardi 23 juillet 2019
Homère, ou l'imagination fertile
Car le sublime dans ces chants c'est la langue* : poétique malgré la guerre, imagée malgré le sang, elle montre la richesse des légendes et des récits qui encore aujourd'hui nous parlent de merveilleux... Comme elle donne envie d'apprendre le grec !
Qu'importe !
Ce qui est incroyable c'est que ce récit soit parvenu intact jusqu'à nous. Qu'il soit tout inventé et qu'aucun de ces héros n'ait existé n'a finalement aucune importance.
Cette épopée exalte la valeur humaine et va jusqu'aux tréfonds de l'âme, puisqu'elle vit encore de nos jours. De nouvelles traductions la rapprochent de nous et la rendent plus que lisible.
La langue est si belle, faite pour être déclamée, chantée et non lue, mais comment faire ? En tous cas, elle est très cinématographique, alors pour quelles raisons les adaptations ont été si pauvres, si réductrices ?
pour parler de la mort des guerriers :
Les ténèbres lui couvrirent les yeux
L'homme tomba avec fracas et ses armes sur lui retentirent
Et la mort l'enveloppa de son voile
Au fond de ses yeux, la pourpre de mort saisit l'homme et la force du destin
Et se défit le lien de ses membres
Du creux de la main saisissant la terre
Pour dénommer les héros, desquels on récite la lignée, presque à chaque fois :
Les Achéens porteurs de bonnes jambières
Diomède le bon crieur, dompteur de chevaux
Ulysse aux mille desseins, le divin Ulysse
Priam, le roi nourrisson de Zeus
Stentor à la voix de bronze
Ménélas le bon crieur
Hector au casque étincelant, chéri de Zeus
Achille aux pieds prompts, race de Zeus
Alexandre (ou Pâris) d'apparence divine
Ménélas chéri d'Arès
Ajax, rempart des Achéens
Pollux le bon boxeur
et les dieux, qui vont et viennent parmi les hommes :
Iris dont le pied va comme le vent
Aphrodite amie des sourires
Apollon le tireur infaillible
Artémis épandeuse de traits
Hadès aux poulains fameux
Zeus assembleur des nuées
Héra aux bras blancs, au trône d'or
Athéna Butineuse
Arès fléau des mortels
Thétis aux pieds d'argent
Poséidon ébranleur du sol
D'autres expressions aussi poétiques :
et la déesse ne fut pas indocile (pour dire qu'elle obéit)
elle adressa des mots empennés
les portes Scées (double porte légendaire par laquelle au final le Cheval entrera dans Troie)
les nefs creuses, les nefs noires, les nefs bien balancées, les nefs aux deux bouts recourbés, les nefs rapides des Achéens (Danaens, Argiens...)
le sommeil, miel de l'âme
et tant d'autres...
C'est décidé, départ pour la Grèce !
* pour ma part, j'ai choisi la nouvelle traduction de Louis Bardollet, éditions Robert Laffont, collection Bouquins - 1995
dimanche 14 juillet 2019
Conte de fées céramique
alors qu'elle les aurait imaginés voguant sur des flots lointains pour ne jamais revenir.
Elle rêvait à autre chose que les ruelles de la petite ville écrasée de soleil qui la voyaient grandir. Elle imaginait des mers lointaines et des villes immenses prêtes à l'accueillir. Des maisons aux chapeaux pointus ou à tuiles rondes, selon son humeur. Mais toujours entourées d'arbres et de jasmins fleuris.
Telle une sirène délaissée, Maddalena le soir se posait sur un vieux ponton et regardait l'horizon se perdre au lointain, tandis que les bateaux rentraient.
Sous la lumière ocre du soir couchant, elle voyait les poissons se déverser dans les bacs, prêts à être vendus puis frits, en poêle ou en court-bouillon.
Et chaque matin qui suivait, les bateaux repartaient dans leur course folle vers la pitance quotidienne qui se raréfiait chaque jour davantage. Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons...
Maddalena devient quoi ? Sirène d'un Ulysse improbable qui l'emporte au loin pendant quelques années.
Reviendra, reviendra pas ? Qui sait... transformée sûrement, mais toujours sirène, prête à rêver encore.
Maddalena, ne pars pas ! Ta vie est tout simplement là !













