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dimanche 17 novembre 2024

Faim de voyage ?

On ne sait plus trop si on doit continuer à voyager ou rester calfeutré, de peur de dépenser trop, de voir des choses qu'on ne devrait pas voir, de participer au gonflement de la dette publique ou au dépassement des limites planétaires, sans l'avoir voulu.

Mais il est un voyage qu'on peut faire sans peine, avec un minimum de dépenses, de transports et un maximum de découvertes : lire !

Lire la nouvelle presse, lire des biographies, des récits ou des romans, lire ce qui nous tombe sous la main et même lire par dessus l'épaule de son voisin.

Sans compter tout ce qu'on peut offrir à lire... Alors sans bande rouge ni flonflon, sans télé ni salon, voici le tout dernier récit qui vous mènera de l'Antiquité à des surlendemains qui vous enchanteront peut-être. Et qui sait ? Il vous donnera peut-être envie d'agir pour que le monde aille un tout petit peu mieux.

Les voyageurs à destination d'Olympie sont attendus ici.



jeudi 14 octobre 2021

Ses 4 vérités

J'ai découvert Monsieur Lawrence Durrell d'abord par les yeux de son frère Gérald, qui raconte de manière hilarante dans "Ma famille et autres animaux (ou Féérie dans l'île pour les plus anciennes éditions)" l'installation et la vie de cette famille insolite dans l'île de Corfou, au début du 20ème siècle.

Déjà, je m'étonnai de la clairvoyance de cet homme, tolérant, progressiste et surtout d'une immense culture artistique fine et polyvalente. Enfin, c'est ainsi que je le voyais.

J'ai ensuite dévoré quelques uns de ses livres, d'abord "Les îles grecques", époustouflante "description" de l'essaim de ces minuscules territoires plongés dans la mer Egée. Il ne s'agit pas ici de géographie mais d'un subtil mélange de mythologie, de sociologie, de civilisation, de caractères et d'humour. A emporter partout avec soi.

Dans une minuscule et sombre librairie parisienne spécialisée, j'ai acquis "Citrons acides", sombre pressentiment désenchanté de ce qu'il advint de l'île de Chypre à la fin de la domination britannique. Sous le diplomate perce l'amoureux des mots et des gens, de la vie telle qu'elle se présente, sans fioritures ni faux-semblants, dans cette île déchirée.

Mais voilà, il fallait aussi lire enfin ce qui est considéré comme le chef d'œuvre de Durrell : Le quatuor d'Alexandrie, somme de 4 récits inséparables "Justine", "Balthazar", "Mountolive" et "Clea". Pourquoi inséparables alors qu'ils ont paru initialement les uns derrière les autres, comme une sorte de feuilleton, entre 1957 et 1960 ? Parce qu'ils forment un tout, une vérité, qui se découvre peu à peu au fur et à mesure que chaque personnage intervient dans l'histoire à travers la sienne propre, par le truchement de la voix d'un cinquième, Darley, pâle miroir de ceux qu'il réfléchit. Ce cinquième élément est celui qui passe, qui regarde sans voir, qui agit sans comprendre. Mais c'est aussi celui qui raconte.

Et puis en fait, cette histoire ne serait-elle pas celle d'un sixième personnage qui traverse lui aussi tous les autres en les bousculant, en les transcendant en quelque sorte, comme un éclair fulgurant, une lumière profonde et fugace qui laisse des traces sur chacun des autres ? Le livre de Pursewarden ou le quatuor d'Alexandrie. C'est bien lui le centre, le trou noir, l'aimant. Vivant ou mort, il reste la référence ultime, jamais tout à fait compris, sans cesse agitateur de sentiments profonds.

L'écriture de Durrell est incomparable. Foisonnante et riche, fourmillant de détails choisis, de poésie. D'une érudition rare, sans affect ni pédanterie. Juste comme il était ? Qu'on ne me dise plus : "les descriptions dans la littérature, quel ennui !" sans avoir lu auparavant le début de "Mountolive", qui raconte la grande pêche sur le lac Mareotis, proche d'Alexandrie, toile de fond de toute l'histoire.

Pour finir ma plongée en Egypte de l'entre deux guerres, j'ai déniché le film "Justine" de Georges Cukor, d'après Le quatuor. Evidemment, on ne résume pas presque 1000 pages en 116 minutes sans pertes sèches. Caractères sans âme, sans profondeur, sans nuances. Histoire d'espionnage sans suspicion, somme toute, et images d'une Egypte tourmentée qui n'arrivent pas à nous intéresser. Peut-être n'était-il pas possible de faire mieux ? Encore une fois, cela prouve l'intérêt de ne pas rester à la surface des romans en restant simple spectateur d'une adaptation falote. Il faut s'en imprégner jusqu'à la moelle en plongeant nus dedans, comme le font à la fin du Quatuor Clea et Darley, dans la mer entourant l'île de Narouz, avec tous les frissons, les joies et les découvertes que cela implique. On ne sort pas indemne de cette lecture, mais grandi et émerveillé. Et surtout avec l'envie de continuer.



dimanche 10 mai 2020

La revanche des départements


Ils sont nés de la Révolution et au nombre de quatre vingt trois, à l'origine. Les départements français, échelon de proximité et d'identité, ont une histoire plein de rebondissements au fil des siècles. Je ne peux m'empêcher, en ces jours endeuillés, de leur tirer mon chapeau, vu qu'ils sont désormais notre référence, notre frontière naturelle qu'on ne peut plus franchir sous peine d'amende.

Si Condorcet, juste avant 1789, avait déterminé le territoire des districts suffisamment grand pour le parcourir en une journée de cheval environ, voilà qu'en 2020, le Ministère de l'Intérieur en refait un quadrillage national qui correspond à notre aire de liberté de déplacement. Les hoquets de l'histoire...

L'Histoire avec un grand H ayant modifié la géographie des empires, nous n'avons donc plus aujourd'hui que nos fameux départements d'outre mer pour voyager et rêver à l'intérieur des frontières. Mais savez-vous qu'il a existé des départements espagnols, luxembourgeois, hollandais, voire américains, au cours du Premier Empire ?

Et puis surtout, il y eut les départements français de Grèce : Corcyre (Corfou), Ithaque et Cythère, où j'aimerais tant me promener sous les bougainvillées qui doivent être en fleurs, comme chaque année au mois de mai...




dimanche 22 septembre 2019

Une histoire de fous

Sûrement que pour tout le monde, le mot asile fait peur. Asile psychiatrique aussi, voire plus. Asile de fous, l'expression a des connotations d'étrangetés, de peur, de violence, de méconnaissance.

Alors pour ces Journées du patrimoine, nous sommes partis visiter le Centre hospitalier Gérard Marchant, dont l'histoire est exemplaire à tous points de vue même si aujourd'hui, les soignants campent devant l'entrée pour dire toute leur incompréhension de ce qui est entrain de se passer dans le milieu hospitalier : rentabilité oblige, on rogne sur tout : moins de soins sur place, moins longtemps, davantage d'ambulatoire ne répondant pas toujours aux besoins des patients, moins de personnel, horaires chargés, etc, etc.
Une exposition d'archive, réalisée pour les 150 ans, retrace l'histoire de la construction de l'établissement, des films videos montrent la vie, l'avis des soignants, dans ce lieu un peu unique, très arboré, très étendu (plus de 200 hectares à l'origine), intelligent par sa conception architecturale. De grands noms de médecins aliénistes y sont attachés et on finit par saluer l'arrivée des neuroleptiques, qui ont certainement tourné la page à de très nombreux désordres devant l'incapacité à comprendre et à soigner les maladies mentales.

Malgré la catastrophe d'AZF en 2001, qui a quasiment tout détruit (c'est situé en face), l'établissement a été reconstruit depuis (grâce à son classement aux monuments historiques ?), même si les anciens pavillons ne sont pas encore remis en état. Les projets sont là, manque l'argent... comme depuis des centaines d'années. Déjà, à sa construction, il avait fallu trouver les matériaux les moins chers pour le finir. Heureusement, les moins chers se sont trouvés être les matériaux locaux, on y retrouve donc brique et galets de la Garonne... dont se sont également servis les patients pour faire des dessins.
On voit les anciens ateliers de travail, le vieux château d'eau transformé en pigeonnier désormais abandonné, l'ancienne cheminée de la chaufferie désuète et le "nouveau" château d'eau qui domine le site, gris de béton malgré son nombre d'or architectural, quel seuls les initiés aperçoivent d'en bas. Et un escalier avec une très belle balustrade et rampe en fer forgé réalisées par les patients, en atelier.

Mais le clou de cet espace si spécial, c'est bien la chapelle. Une chapelle à deux entrées identiques, l'une pour les femmes, l'autre pour les hommes, longtemps séparés, même malades. Quand on y entre, on a une sensation de bien être et de chaleur, avec ses deux anges qui entourent l'autel, ses colonnes à la peinture décolorée et ses vitraux vides. Son histoire est sûrement loin d'être calme pourtant, mais les patients qu'on y amenait devaient s'y sentir apaisés peut-être. Aujourd'hui elle est désaffectée mais reste ouverte et accueillante. Elle pourrait même servir de lieu culturel, ouvert sur la cité, si seulement quelques Toulousains voulaient bien faire un don pour qu'elle retrouve couleurs et confort. 
Un lieu à visiter, à partager, pour avoir moins peur la prochaine fois qu'on entendra le mot "asile".






dimanche 3 février 2019

Arles antique

Arles est connue d'abord pour ses arènes, toutes presque neuves après leur rénovation récente. Mais comme c'est une ancienne cité romaine, son sous-sol doit regorger de trésors enfouis, que l'on exhume par hasard ou après des fouilles ciblées. C'est pourquoi le musée départemental Arles antique, le "musée bleu" a été conçu avec "de la marge". Car il fallait bien y accueillir les nouvelles trouvailles au fur et à mesure des recherches. 
On y passe donc plusieurs heures, à voyager dans l'histoire de la cité et de ses environs et notamment on peut y admirer ce magnifique bateau, un chaland antique de plus de 30m, admirablement conservé et restauré malgré ses siècles passé au fond du Rhône. Une histoire presque trop belle pour être vraie.
                                                   photo : R. Benalibis - Arles antique

En tous les cas, on y rêve facilement, dans ce musée qui distille statues et sarcophages, objets usuels et d'apparat et on y chemine agréablement.

Le site de Glanum est également intéressant non seulement parce qu'il est bien entretenu mais aussi car on y trouve les empilements des trois époques : grecque, gauloise et romaine qui se sont finalement assimilées les unes aux autres, les unes derrière les autres, en prenant un bout par ci, rejetant un autre bout par là, adoptant un dieu en le transformant pour qu'il se cale avec d'autres, apprenant des techniques nouvelles qui apportent un savoir faire innovant. De jolies choses qui là aussi amènent au rêve.

La question qui demeure, c'est : à ces époques, y avait-il ce même mistral non pas gagnant mais glaçant au coeur de l'hiver ?

dimanche 20 mai 2018

greenwashing ou le miroir aux alouettes

Histoire vécue

A la caisse d'un magasin de vêtements, sans aucun doute made in Morocco ou China, la caissière :

- vous avez tellement aimé la couleur que vous prenez deux articles !
- oui, ça fait printemps, avec ce temps maussade...
- vous avez la carte de fidélité ?
- non
- vous savez que c'est intéressant et gratuit, pour bénéficier des promotions...
- je ne viens pas assez souvent
- oh mais il n'est pas nécessaire de venir souvent, vous pouvez...
- je n'en veux pas
- bon alors je vais juste vous demander un e-mail pour vous envoyer le ticket de caisse
- quoi ? je ne peux pas avoir un ticket de caisse immédiatement ?
- vous savez, on évite l'impression de papier, pour le bien de la planète, on vous envoie le ticket par mail
- désolée, mais je souhaite un ticket de caisse maintenant et je ne donne pas d'e-mail
- oh mais vous savez il n'y aura pas de publicité
- écoutez, je souhaite un ticket de caisse maintenant et je ne donne pas d'e-mail
Les deux tickets, celui de la carte bleue et celui de la caisse, sortent en même temps que le sac en plastique des mains de la caissière, qui fait mine de mettre mes vêtements dedans
- je ne veux pas non plus de sac en plastique, j'ai le mien pour le bien de la planète, à bon entendeur, salut !

Morale de l'histoire : pigeon ou alouette, qu'importe si le nigaud se laisse attraper sans s'indigner !




mardi 27 mars 2018

Chester, en noir et blanc

Un peu plus au Sud (si peu...) ; proche de Liverpool, il y a la ville de Chester. Seul le centre historique vaut la visite car le reste est commun à tant de villes anglaises...
Mais le train vous laisse à 5mn de marche de ce centre Moyen-Age, surprenant Noir et Blanc, bois et torchis, tortueux et touristique.










Les salons de thé vous servent des plats mitonnés dans les combles, pièces rapportées ou autres salles biscornues d'où vous pouvez descendre et monter pendant quelques minutes en suivant littéralement les panneaux des yeux et en traversant d'autres recoins, couloirs, escaliers pour enfin trouver les lavatories à la déco aussi excentrique que le reste.

Les rez de chaussés sont surmontés d'un étage, balcons ou terrasses, on ne sait pas trop bien. Comme des arcades à étages, mais sans arcades. Vides en hiver mais sûrement remplies d'articles pas cher en été pour vous appâter et vous faire rentrer dans le magasin. On est au royaume de l'économie libérale, don't forget.

La cathédrale vous tend les bras, chaleureuse et accueillante. Les remparts encore debout et maintenus en état font le tour de la cité et on passe d'une fauconnerie au fleuve tumultueux ; entre deux parkings et un minuscule espace vert.

Etonnant Chester, entre deux mondes. En y réfléchissant, c'est l'image de l'Angleterre : un royaume ancien, qui se reflète dans les vitrines glacées du business. Tout se paie, tout s'achète, mais on vous laisse libre de vos pensées et mouvements.

jeudi 22 mars 2018

et pourquoi pas l'Angleterre ?

Ca faisait un petit moment que je n'étais pas allée au Royaume désuni, brexit oblige... Alors vous pensez, une opportunité de passer trois jours presque aux frais de sa Majesté la Reine dans la deuxième ville d'Angleterre, je ne l'ai pas laissée passer.

Pour une fois, ce n'est pas moi qui organise, je me suis laissée conduire.

Manchester, belle moyenâgeuse
Ancienne ville industrielle et industrieuse durant longtemps dans le domaine du textile, désormais sous règne chinois, Manchester a conservé une belle dynamique à l'image de son emblème : l'abeille, utile et travailleuse.
Mais du travail, il n'y en a pas que dans le commerce ou l'industrie. Les anciennes bibliothèques prestigieuses, universitaires ou privées, sont encore là pour en témoigner. Restaurées et entretenues, elles servent d'écrins pour les volumes anciens, nombreux et uniques. Portico Library, John Ryland ou  Central Library, elles offrent toutes une atmosphère étrange, studieuse et d'agrément en même temps.













 
Les monuments ou bâtiments publics anglais sont toujours une curiosité : imposants, colorés, chaleureux. Une multitude de qualificatifs nous viennent à l'esprit sans que l'on parvienne à choisir. Alors on admire, le nez en l'air. Et puis savez-vous, comme la plupart des musées en Angleterre, l'entrée y est gratuite. A chaque fois, je me fais la même réflexion : pourquoi on n'y arrive pas, à la gratuité de la culture, ici ?

Manchester se rénove, elle détruit et rebâtit, différemment, plus moderne, plus vitré, plus ouvert. L'idéal étant d'aller vers 16h30 au "Cloud 23", Bertham Tower vertigineuse, pour y attendre tranquillement devant quelque chose de chaud et d'infusé le coucher de soleil inexplicable après une journée si grise et nuageuse. On y voit les grands chantiers d'autres tours et au loin les champs qui seront les faubourgs de demain.

    


Pourtant, on peut encore se balader tranquillement le long du Canal Basin, calme le jour mais sûrement beaucoup plus bruyant la nuit (boîtes de nuit et bars oblige), havre de paix et de quiétude loin des trafics en tout genre. On a l'impression d'être dans un village, à la campagne.

Les églises ne sont pas froides mais accueillantes, on peut s'assoir et souffler un peu avant de repartir dans la tourmente. On a même eu droit à la répétition générale du concert du soir : le Requiem de Mozart. Bon, c'était pas Covent Garden ni John Elliott Gardiner mais c'était bien agréable quand même. J'ai un faible pour les amateurs.

Côté shopping, on a fait des magasins remplis de cartes, les Anglais adorant s'offrir ces menues attentions à n'importe quelle occasion : anniversaire mais aussi Pâques, ou n'importe quoi d'autre pourvu qu'on puisse en rire ou s'en émouvoir. Des papeteries pleines de choses inutiles mais indispensables ; des boutiques de fringues de style anglais, c'est à dire sans style puisque l'english paradox, c'est de pouvoir s'habiller comme on veut et n'importe comment, en restant excentrique et voyant jusqu'au bout. Des pâtisseries dégoulinantes, dont un rainbow cake que je goûterai un jour où j'aurai faim et un red velvet tout compte fait de chocolat et pas de framboises. Je conseille fortement de boire plutôt du thé que du café car franchement c'est pas l'Italie.
 Et la météo, me direz-vous ? Bah, c'était pas non plus le sud, et comme dirait Tom en relevant le col de son "raincoat" : Oh no ! It's raining ! Avant de partir bravement dehors... Vaut mieux être prévoyant, quoi.
Mais c'est pas fini ! On a eu la neige et les rafales de vent...
Suite au prochain numéro.

dimanche 4 mars 2018

escapades escarpées

Après cette longue hibernation qui, tels les ours, nous a fait nous pelotonner qui au coin du feu, qui près du radiateur, avec des bols de thé fumants, il fallait réagir ! Aussi, en ce véritable premier week-end un peu ensoleillé, sommes-nous partis visiter des villages perchés...
J'avais envie depuis longtemps d'aller à Conques, déjà, le nom est très joli, ensuite sa réputation de beau village n'est plus à faire. Mais en fait, un peu de déception à l'arrivée : effectivement très escarpé, ce village est un peu celui de la Belle au Bois dormant : la saison n'ayant pas encore démarré, tout était vide, morne et sans la couleur orangée qui se reflétait dans cette belle pierre ocre, on aurait pu se croire dans un décor de cinéma.

 Mais à part ça, que de curiosités à dénicher dans les vieilles pierres !

 

Pour ce qui est des jolis noms, je signale que la rivière qui coule pas très loin s'appelle Le Dourdou...

















 
C'est quand même autrement plus chatoyant et chaleureux que Sainte-Foy...

Et ce ne sont pas les fameux vitraux translucides, blancs et noirs de M. Soulages, qui auraient pu égayer un peu cette journée à peine printanière... ils sont presque plus beaux vus de l'extérieur et en tout cas, nous déroutent un peu au dedans, car les couleurs habituelles des vitraux classiques ne sont pas au rendez-vous.



















Le frontispice de l'église, avec son Jugement dernier sculpté, tient toutes ses promesses : on peut rester des heures planté devant, à vérifier et retrouver les détails, soit du Paradis (un peu ennuyeux, il faut bien le dire), soit de l'Enfer où des diablotins chevelus poussent les mortels condamnés vers la bouche grosse ouverte d'un poisson à dents effilées...
On cherche Charlemagne, tous les saints, ou plutôt les détails de la vie de Satan. On se dit enfin que si on avait le choix, on ne sait pas bien si on irait du côté gauche, ou bien du côté droit...

Après ce passage sur le chemin de Saint-Jacques, un autre village escarpé, fier sur son piton rocheux, nous attendait : Saint-Cirq Lapopie, sur le Lot majestueux, domine le fleuve et la plaine alentour. Hélas trois fois hélas, de malencontreuses serres plastifiées dédiées à l'horticulture de cimetière, gâchent toutes les photos que l'on pourrait faire après cette raide grimpette. Mesdames et Messieurs les élus, comment dire, ne pouvez-vous faire quelque chose pour décider ce brave commerçant-paysan à aller planter ses arceaux translucides ailleurs ? Cela ferait un point positif à mentionner sur le bilan du mandat, à défaut de satisfaire ledit citoyen qui prend ses aises...

Au passage, de Saint-Cirq Lapopie, il suffit presque de traverser d'une enjambée pour aller jusqu'à la grotte de Pech Merle (Cabrerets), grotte ornée où les chevaux et mammouths vous regardent de près et en vrai ! Il n'en reste que quelques unes qu'on peut encore visiter par petits groupes restreints mais sans reconstitutions grandioses (Niaux dans l'Ariège est l'une d'elles également). Profitez-en tant qu'il en est encore temps !