Un concert imprévu hier, jeune quatuor Hermione en tournée dans toute la France et même ailleurs.
Public averti peu nombreux mais attentif dans une église Saint-Nicolas bien tempérée...
Bon moment !
Un concert imprévu hier, jeune quatuor Hermione en tournée dans toute la France et même ailleurs.
Public averti peu nombreux mais attentif dans une église Saint-Nicolas bien tempérée...
Bon moment !
Sincèrement, ce n'était pas une production du niveau d'un opéra national et d'un Etablissement public, tout beau tout nouveau !
Les Pêcheurs de perles, opéra mal connu (sauf l'air de Nadir : Je crois entendre encore... Ah ! vous voyez !) de Monsieur Georges Bizet, méritait mieux que cette mise en scène "chorégraphique" à la limite du grotesque : ce simili french cancan à la fin était notamment du plus mauvais goût. Mais s'il n'y avait eu que ça...Le chœur, engoncé dans des costumes empesés, amidonnés, qui faisaient chinois et pas du tout villageois, ne pouvait plus bouger. De toutes manières, il n'aurait pas pu, les danseurs prenaient toute la place ! Des danseurs, oui, pourquoi pas, mais pas à ce point ! Il n'y en avait que pour eux alors qu'au final, quand il n'y en avait pas (fait rarissime), c'était tout de suite beaucoup mieux !
Bref, on est restés sur notre faim. Les pêcheurs de perles étaient de pacotille et n'avaient certainement jamais pêché de leur vie, ni même trempé le bout du doigt de pied dans la mer. Zurga lui-même, le seul personnage qui reste à peu près crédible, se vautrait dans des coussins de soie en pesant le pour et le contre entre sauver son ami d'enfance et son amour perdu/retrouvé ou finir rongé par le remords. On y croit qu'à moitié.
J'ai été scotché par l'ange Gabriel, tout de rouge vêtu (et avec de vraies fausses ailes), le mentor, le souteneur, le garde du corps de la simili déesse Leila. Il était grand, ça, c'est sûr, mais on ne voyait pas trop ce qu'il venait faire là, lui aussi engoncé dans son étrange costume d'ange rouge gentil/méchant.
Leila tenait son rôle (et sa voix) et avait une certaine présence sur scène, la seule a avoir un vrai costume, moitié sirène, moitié déesse de l'eau, qui tenait la route (waterproof).
Je préfère ne rien dire du ténor, Nadir, qui n'avait ni le physique ni la voix du rôle. Je vous laisse imaginer la déception du public après le fameux air, à peine audible. C'est dur mais on en revient toujours au même, la référence. Après, il y a le choix...
Les décors sortaient leur épingle du jeu et j'ai vraiment apprécié l'arrivée de Leila de dessous de l'eau. Orchestre et direction tout à fait à la hauteur de cet opéra d'un jeune homme plein de promesses (1863, un peu plus de 10 ans avant Carmen).
Bon c'est vrai, le livret est très faible (le ténor aussi) et la mise en scène était franchement à oublier immédiatement, d'ailleurs j'ai fini par fermer les yeux pour me laisser porter par la musique de Bizet, qui reste assez belle. Voilà, c'est ce qui reste. Dommage, l'opéra étant, au contraire du concert, un spectacle complet, enfin c'est pour ça qu'on y va. On en attendait beaucoup, on n'a pas eu grand chose.
Le public ne s'y est pas trompé, il a applaudi du bout des doigts et les commentaires allaient bon train à la sortie. Bon ! Espérons que ce ne soit pas de mauvais augure pour la suite de la programmation de la saison, qui est si alléchante !
Je devrais aller plus souvent à l'opéra...
Ce Barbier de Séville au Théâtre du Capitole, opéra désormais "national", je m'en souviendrai ! Je n'avais pas autant ri depuis si longtemps ! Une mise en scène (Köpplinger) moderne mais pas trop, loufoque et iconoclaste, un peu hétéroclite tout en respectant les convenances théâtrales. Un pur bonheur.
De belles trouvailles comme ce personnage "additionnel" dont on se demande tout du long : mais qui est-ce donc ? Un clown à la Buster Keaton qui accentue le décalage général. C'est en fait l'Eveillé, l'un des domestiques de Bartolo, bouffon malgré lui, niais mais attachant. Du pur Beaumarchais. Et bien d'autres personnages loufoques et attachants, bref une ambiance "du tonnerre".
Côté distribution, il y avait alternance donc je ne peux en parler qu'à moitié. Pour ma part (25 mai), j'ai trouvé le ténor (Almaviva) beaucoup trop léger dans les aigus et la voix de Rosina un peu âgée (pourtant ?). Les autres convenables. Mais de toutes manières tout le monde était quelque peu écrasé par Figaro, qui lui était très à l'aise, dans sa voix et dans son rôle et emportait le reste de la troupe dans un galop effréné.
Orchestre impeccable mené tambour battant par un Cremonesi efficace. Seul le choix d'avoir écourté certains récitatifs ou certaines scènes m'a un peu chagrinée, mais vraiment, tout le reste était tellement agréable que ce n'était même pas grave.
On en redemande, on en veut encore, même quand ça finit bien... du comique de langage, du comique de situation, tout y était, bien joué, fort bien joué.
Un véritable feu d'artifice, entre roses à épines et cactus qui piquent, des bouffées de rire, de gaieté et de joie. Une fin de saison qui nous donne envie d'aborder la prochaine avec la même désinvolture...