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dimanche 17 novembre 2024

Faim de voyage ?

On ne sait plus trop si on doit continuer à voyager ou rester calfeutré, de peur de dépenser trop, de voir des choses qu'on ne devrait pas voir, de participer au gonflement de la dette publique ou au dépassement des limites planétaires, sans l'avoir voulu.

Mais il est un voyage qu'on peut faire sans peine, avec un minimum de dépenses, de transports et un maximum de découvertes : lire !

Lire la nouvelle presse, lire des biographies, des récits ou des romans, lire ce qui nous tombe sous la main et même lire par dessus l'épaule de son voisin.

Sans compter tout ce qu'on peut offrir à lire... Alors sans bande rouge ni flonflon, sans télé ni salon, voici le tout dernier récit qui vous mènera de l'Antiquité à des surlendemains qui vous enchanteront peut-être. Et qui sait ? Il vous donnera peut-être envie d'agir pour que le monde aille un tout petit peu mieux.

Les voyageurs à destination d'Olympie sont attendus ici.



vendredi 11 novembre 2022

La plénitude du chaos

Et pourquoi pas ?

Les chaos du Sidobre nous renvoient à un tas d'imaginaires : des géants semant des petits cailloux, des lits de rivières vrombissantes avant d'être asséchées, des mastodontes du pléistocène, des baleines échouées et en équilibre précaire. Et bien d'autres choses encore.



C'est pourquoi quand l'œil se laisse caresser par ces rondes bosses, énormes et ventrues, moussues ou fessues, on laisse vagabonder nos pensées et on reste humbles devant ces murs cyclopéens chaotiques devenus pour quelques milliers d'années encore nos compagnons de marche.


Depuis le début du XXème siècle, on les escalade, on les photographie, on s'esbaudit. Aujourd'hui (et depuis plus de 50 ans), heureusement on laisse les arbres les accompagner, sans les exterminer pour laisser passer véhicules rutilants ou ériger bâtiments grisâtres. Minéraux et feuillus s'entendent comme larrons en foire, mais en silence.

Une bien belle journée à arpenter chemins semés de feuilles encore vertes, de fougères naissantes, de nombrils de Vénus (sans elle) et autres végétations touffues. Avec en prime le soleil jouant à travers les feuilles de châtaigniers, et la découverte de bogues jumelles ou solitaires, toujours semi-ouvertes et souvent vidées. 

Même les champignons du Tarn nous ont surpris : au-delà des cèpes vulgaires et d'ailleurs laissés à l'abandon, on est tombé sur de drôles de crabes ou poulpes rougeoyants après ouverture d'une bulle crème qui ressemble à une capsule extraterrestre (Anthurus d'Archer, doigts du diable ou pieuvre des bois)  ou encore d'autres à cou de girafe et collerette noire qu'on n'ose imaginer à la poêle en fricassée.





Si l'envie vous prend de randonner dans le Tarn, armez-vous d'appareil photo, et sachez capter l'insolite là où il est.. c'est à dire là où on ne l'attend pas forcément.

En tous les cas, c'était bien mieux qu'une sale journée de brouillard brumeux et crachotant, grelottant devant un sinistre Monument aux Morts endrapé de rouge de blanc et de bleu. Nos pensées vers les poilus des tranchées ont été cette année très adoucies par ces paysages ensoleillés. On reviendra...




jeudi 13 août 2020

Le bonheur des ponts

 Pouvoir enjamber un long fleuve tranquille comme une rivière tumultueuse.

S'arrêter systématiquement au beau milieu pour regarder l'eau couler.

Jeter une petite branche comme un bateau et courir de l'autre côté pour la voir passer.

Jouer à Indiana Jones en fermant les yeux avant de faire le premier pas.

Les admirer de loin, dans la brume du matin.

Ne pas comprendre les lois qui régissent leur construction.

Se dire qu'on a de la chance qu'il n'y ait plus d'octroi.

Compter le nombre de ceux qui ont été construits grâce à un pacte avec le diable.

Passer en bateau dessous, lever la tête et regarder les gens qui passent dessus.

Savoir qu'on ne pourra jamais en faire une collection.


lundi 28 octobre 2019

A la recherche du blob perdu

Vous ne savez pas encore ce qu'est un blob ? C'est à la mode, à l'affiche du zoo de Vincennes et partout sur internet. Bestiole bizarre minuscule et très répandue, on est donc partis ce dimanche à sa recherche. Il nous fallait vérifier si des spécimens pouvaient être (re)cueillis dans nos forêts humides, juste pour voir si ça existe vraiment ou si encore une fois on nous vend du rêve.


En attendant le résultat de l'expérimentation de leur survie en culture, on en a profité pour flâner le long du sentier du Cabeou, qui  malgré une sécheresse évidente en cette fin octobre, tient toujours ses promesses : troncs moussus entremêlés d'où la fée Vivianne pourrait bien sortir ; formes étranges qui font comme si elles tendaient les bras pour nous happer ; 



champignons féeriques qu'on croirait tout droit sortis de Fantasia ; parasites impromptus qui poussent comme des... champignons n'importe où et n'importe comment.




Mais c'était déjà Halloween ou quoi ??!!

dimanche 14 juillet 2019

Conte de fées céramique

Il était une fois une jeune Maddalena qui ne rêvait qu'à une chose : voyager jusqu'à l'autre bout de la terre pour savoir à quoi ça ressemble là-bas... car à Marsala, elle ne voyait qu'une seule chose : des bateaux, nombreux, mais qui revenaient chaque soir à leur port d'attache,
alors qu'elle les aurait imaginés voguant sur des flots lointains pour ne jamais revenir.
Elle rêvait  à autre chose que les ruelles de la petite ville écrasée de soleil qui la voyaient grandir. Elle imaginait des mers lointaines et des villes immenses prêtes à l'accueillir. Des maisons aux chapeaux pointus ou à tuiles rondes, selon son humeur. Mais toujours entourées d'arbres et de jasmins fleuris.
Telle une sirène délaissée, Maddalena le soir se posait sur un vieux ponton et regardait l'horizon se perdre au lointain, tandis que les bateaux rentraient.
Sous la lumière ocre du soir couchant, elle voyait les poissons se déverser dans les bacs, prêts à être vendus puis frits, en poêle ou en court-bouillon.
Et chaque matin qui suivait, les bateaux repartaient dans leur course folle vers la pitance quotidienne qui se raréfiait chaque jour davantage. Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons...
Maddalena devient quoi ? Sirène d'un Ulysse improbable qui l'emporte au loin pendant quelques années.
Reviendra, reviendra pas ? Qui sait... transformée sûrement, mais toujours sirène, prête à rêver encore.
Maddalena, ne pars pas ! Ta vie est tout simplement là !

samedi 9 février 2019

La mangrove des Landes

Connaissez-vous un département plus apaisant que les Landes ?
Est-ce à cause de ces grands troncs élancés, plantés plutôt droits, en rangs rectilignes ou de ces sentiers sablonneux ? Est-ce à cause de la mer que l'on sent plus proche ?  De ces maisons basses et vastes ? L'air y est plus calme, plus apaisé qu'ailleurs.
Le ciel est loin, la lumière se diffuse parmi les feuillages, sans bruit. Les pas s'enfoncent, silencieux.  On pourrait marcher des heures, sans fatigue. Tout se ressemble, à perte de vue. Qui sait, on pourrait même arriver à la mer, découverte d'un seul coup.
De petites rivières y glissent, sans bruit, presque sans mouvements. Avec un peu d'imagination, on pourrait se croire dans une mangrove. On remarque des traces de chevreuil, on guette le pépiement d'oiseaux absents. Loin des heurts urbains du samedi, le temps s'écoule doucement. Un bien bel endroit.

dimanche 3 février 2019

Arles antique

Arles est connue d'abord pour ses arènes, toutes presque neuves après leur rénovation récente. Mais comme c'est une ancienne cité romaine, son sous-sol doit regorger de trésors enfouis, que l'on exhume par hasard ou après des fouilles ciblées. C'est pourquoi le musée départemental Arles antique, le "musée bleu" a été conçu avec "de la marge". Car il fallait bien y accueillir les nouvelles trouvailles au fur et à mesure des recherches. 
On y passe donc plusieurs heures, à voyager dans l'histoire de la cité et de ses environs et notamment on peut y admirer ce magnifique bateau, un chaland antique de plus de 30m, admirablement conservé et restauré malgré ses siècles passé au fond du Rhône. Une histoire presque trop belle pour être vraie.
                                                   photo : R. Benalibis - Arles antique

En tous les cas, on y rêve facilement, dans ce musée qui distille statues et sarcophages, objets usuels et d'apparat et on y chemine agréablement.

Le site de Glanum est également intéressant non seulement parce qu'il est bien entretenu mais aussi car on y trouve les empilements des trois époques : grecque, gauloise et romaine qui se sont finalement assimilées les unes aux autres, les unes derrière les autres, en prenant un bout par ci, rejetant un autre bout par là, adoptant un dieu en le transformant pour qu'il se cale avec d'autres, apprenant des techniques nouvelles qui apportent un savoir faire innovant. De jolies choses qui là aussi amènent au rêve.

La question qui demeure, c'est : à ces époques, y avait-il ce même mistral non pas gagnant mais glaçant au coeur de l'hiver ?

dimanche 20 mai 2018

greenwashing ou le miroir aux alouettes

Histoire vécue

A la caisse d'un magasin de vêtements, sans aucun doute made in Morocco ou China, la caissière :

- vous avez tellement aimé la couleur que vous prenez deux articles !
- oui, ça fait printemps, avec ce temps maussade...
- vous avez la carte de fidélité ?
- non
- vous savez que c'est intéressant et gratuit, pour bénéficier des promotions...
- je ne viens pas assez souvent
- oh mais il n'est pas nécessaire de venir souvent, vous pouvez...
- je n'en veux pas
- bon alors je vais juste vous demander un e-mail pour vous envoyer le ticket de caisse
- quoi ? je ne peux pas avoir un ticket de caisse immédiatement ?
- vous savez, on évite l'impression de papier, pour le bien de la planète, on vous envoie le ticket par mail
- désolée, mais je souhaite un ticket de caisse maintenant et je ne donne pas d'e-mail
- oh mais vous savez il n'y aura pas de publicité
- écoutez, je souhaite un ticket de caisse maintenant et je ne donne pas d'e-mail
Les deux tickets, celui de la carte bleue et celui de la caisse, sortent en même temps que le sac en plastique des mains de la caissière, qui fait mine de mettre mes vêtements dedans
- je ne veux pas non plus de sac en plastique, j'ai le mien pour le bien de la planète, à bon entendeur, salut !

Morale de l'histoire : pigeon ou alouette, qu'importe si le nigaud se laisse attraper sans s'indigner !




mardi 27 mars 2018

Chester, en noir et blanc

Un peu plus au Sud (si peu...) ; proche de Liverpool, il y a la ville de Chester. Seul le centre historique vaut la visite car le reste est commun à tant de villes anglaises...
Mais le train vous laisse à 5mn de marche de ce centre Moyen-Age, surprenant Noir et Blanc, bois et torchis, tortueux et touristique.










Les salons de thé vous servent des plats mitonnés dans les combles, pièces rapportées ou autres salles biscornues d'où vous pouvez descendre et monter pendant quelques minutes en suivant littéralement les panneaux des yeux et en traversant d'autres recoins, couloirs, escaliers pour enfin trouver les lavatories à la déco aussi excentrique que le reste.

Les rez de chaussés sont surmontés d'un étage, balcons ou terrasses, on ne sait pas trop bien. Comme des arcades à étages, mais sans arcades. Vides en hiver mais sûrement remplies d'articles pas cher en été pour vous appâter et vous faire rentrer dans le magasin. On est au royaume de l'économie libérale, don't forget.

La cathédrale vous tend les bras, chaleureuse et accueillante. Les remparts encore debout et maintenus en état font le tour de la cité et on passe d'une fauconnerie au fleuve tumultueux ; entre deux parkings et un minuscule espace vert.

Etonnant Chester, entre deux mondes. En y réfléchissant, c'est l'image de l'Angleterre : un royaume ancien, qui se reflète dans les vitrines glacées du business. Tout se paie, tout s'achète, mais on vous laisse libre de vos pensées et mouvements.

jeudi 22 mars 2018

et pourquoi pas l'Angleterre ?

Ca faisait un petit moment que je n'étais pas allée au Royaume désuni, brexit oblige... Alors vous pensez, une opportunité de passer trois jours presque aux frais de sa Majesté la Reine dans la deuxième ville d'Angleterre, je ne l'ai pas laissée passer.

Pour une fois, ce n'est pas moi qui organise, je me suis laissée conduire.

Manchester, belle moyenâgeuse
Ancienne ville industrielle et industrieuse durant longtemps dans le domaine du textile, désormais sous règne chinois, Manchester a conservé une belle dynamique à l'image de son emblème : l'abeille, utile et travailleuse.
Mais du travail, il n'y en a pas que dans le commerce ou l'industrie. Les anciennes bibliothèques prestigieuses, universitaires ou privées, sont encore là pour en témoigner. Restaurées et entretenues, elles servent d'écrins pour les volumes anciens, nombreux et uniques. Portico Library, John Ryland ou  Central Library, elles offrent toutes une atmosphère étrange, studieuse et d'agrément en même temps.













 
Les monuments ou bâtiments publics anglais sont toujours une curiosité : imposants, colorés, chaleureux. Une multitude de qualificatifs nous viennent à l'esprit sans que l'on parvienne à choisir. Alors on admire, le nez en l'air. Et puis savez-vous, comme la plupart des musées en Angleterre, l'entrée y est gratuite. A chaque fois, je me fais la même réflexion : pourquoi on n'y arrive pas, à la gratuité de la culture, ici ?

Manchester se rénove, elle détruit et rebâtit, différemment, plus moderne, plus vitré, plus ouvert. L'idéal étant d'aller vers 16h30 au "Cloud 23", Bertham Tower vertigineuse, pour y attendre tranquillement devant quelque chose de chaud et d'infusé le coucher de soleil inexplicable après une journée si grise et nuageuse. On y voit les grands chantiers d'autres tours et au loin les champs qui seront les faubourgs de demain.

    


Pourtant, on peut encore se balader tranquillement le long du Canal Basin, calme le jour mais sûrement beaucoup plus bruyant la nuit (boîtes de nuit et bars oblige), havre de paix et de quiétude loin des trafics en tout genre. On a l'impression d'être dans un village, à la campagne.

Les églises ne sont pas froides mais accueillantes, on peut s'assoir et souffler un peu avant de repartir dans la tourmente. On a même eu droit à la répétition générale du concert du soir : le Requiem de Mozart. Bon, c'était pas Covent Garden ni John Elliott Gardiner mais c'était bien agréable quand même. J'ai un faible pour les amateurs.

Côté shopping, on a fait des magasins remplis de cartes, les Anglais adorant s'offrir ces menues attentions à n'importe quelle occasion : anniversaire mais aussi Pâques, ou n'importe quoi d'autre pourvu qu'on puisse en rire ou s'en émouvoir. Des papeteries pleines de choses inutiles mais indispensables ; des boutiques de fringues de style anglais, c'est à dire sans style puisque l'english paradox, c'est de pouvoir s'habiller comme on veut et n'importe comment, en restant excentrique et voyant jusqu'au bout. Des pâtisseries dégoulinantes, dont un rainbow cake que je goûterai un jour où j'aurai faim et un red velvet tout compte fait de chocolat et pas de framboises. Je conseille fortement de boire plutôt du thé que du café car franchement c'est pas l'Italie.
 Et la météo, me direz-vous ? Bah, c'était pas non plus le sud, et comme dirait Tom en relevant le col de son "raincoat" : Oh no ! It's raining ! Avant de partir bravement dehors... Vaut mieux être prévoyant, quoi.
Mais c'est pas fini ! On a eu la neige et les rafales de vent...
Suite au prochain numéro.