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samedi 17 octobre 2026

Il ne faut pas l'être pour apprécier ses couleurs (devinette)

 On croit connaître la majeure partie de l’œuvre d'un artiste... hé bien non ! à l'occasion d'une exposition [Protestation - Musée des Abattoirs - Toulouse], vous voilà plongé dans les facettes les moins connues de Joan Miro : les dessins de nus, crayonnés ; la période noire ; les costumes de théâtre de rue ou les toiles incendiées...

J'ai adoré les tapisseries, qui m'étaient totalement inconnues ! Et ce morceau de lumière dans un océan de nuit... 






 

mardi 29 septembre 2026

T'as vu quoi aux JEP ?

 Un escalier de briques

 

 

 

 

 

 

 

Une déclaration d'amour

 

Un couvent du 19ème siècle toujours vivant

 

Une tour en briques qui ne sert plus à rien

 

Une caserne désaffectée tout en béton "brutaliste" (tandis que les pompiers galèrent, en colère)

 


 Des platanes survivants au chancre coloré (les derniers ?)


 Une Cale à bateaux vide en briques et en activité 

 

Un musée fermé aux allures japonisantes

 

 Un hôtel à chats avec wifi

et un ET à vélo 


 

dimanche 12 juillet 2026

4 garçons dans le vent

Un concert imprévu hier, jeune quatuor Hermione en tournée dans toute la France et même ailleurs. 

Public averti peu nombreux mais attentif dans une église Saint-Nicolas bien tempérée...

Bon moment !


 

lundi 2 octobre 2023

pas de pêche miraculeuse pour Nadir

Sincèrement, ce n'était pas une production du niveau d'un opéra national et d'un Etablissement public, tout beau tout nouveau !

Les Pêcheurs de perles, opéra mal connu (sauf l'air de Nadir : Je crois entendre encore... Ah ! vous voyez !) de Monsieur Georges Bizet, méritait mieux que cette mise en scène "chorégraphique" à la limite du grotesque : ce simili french cancan à la fin était notamment du plus mauvais goût. Mais s'il n'y avait eu que ça...Le chœur, engoncé dans des costumes empesés, amidonnés, qui faisaient chinois et pas du tout villageois, ne pouvait plus bouger. De toutes manières, il n'aurait pas pu, les danseurs prenaient toute la place ! Des danseurs, oui, pourquoi pas, mais pas à ce point ! Il n'y en avait que pour eux alors qu'au final, quand il n'y en avait pas (fait rarissime), c'était tout de suite beaucoup mieux !

Bref, on est restés sur notre faim. Les pêcheurs de perles étaient de pacotille et n'avaient certainement jamais pêché de leur vie, ni même trempé le bout du doigt de pied dans la mer. Zurga lui-même, le seul personnage qui reste à peu près crédible, se vautrait dans des coussins de soie en pesant le pour et le contre entre sauver son ami d'enfance et son amour perdu/retrouvé ou finir rongé par le remords. On y croit qu'à moitié.

J'ai été scotché par l'ange Gabriel, tout de rouge vêtu (et avec de vraies fausses ailes), le mentor, le souteneur, le garde du corps de la simili déesse Leila. Il était grand, ça, c'est sûr, mais on ne voyait pas trop ce qu'il venait faire là, lui aussi engoncé dans son étrange costume d'ange rouge gentil/méchant.

Leila tenait son rôle (et sa voix) et avait une certaine présence sur scène, la seule a avoir un vrai costume, moitié sirène, moitié déesse de l'eau, qui tenait la route (waterproof).

Je préfère ne rien dire du ténor, Nadir, qui n'avait ni le physique ni la voix du rôle. Je vous laisse imaginer la déception du public après le fameux air, à peine audible. C'est dur mais on en revient toujours au même, la référence. Après, il y a le choix...

Les décors sortaient leur épingle du jeu et j'ai vraiment apprécié l'arrivée de Leila de dessous de l'eau. Orchestre et direction tout à fait à la hauteur de cet opéra d'un jeune homme plein de promesses (1863, un peu plus de 10 ans avant Carmen).

Bon c'est vrai, le livret est très faible (le ténor aussi) et la mise en scène était franchement à oublier immédiatement, d'ailleurs j'ai fini par fermer les yeux pour me laisser porter par la musique de Bizet, qui reste assez belle. Voilà, c'est ce qui reste. Dommage, l'opéra étant, au contraire du concert, un spectacle complet, enfin c'est pour ça qu'on y va. On en attendait beaucoup, on n'a pas eu grand chose. 

Le public ne s'y est pas trompé, il a applaudi du bout des doigts et les commentaires allaient bon train à la sortie. Bon ! Espérons que ce ne soit pas de mauvais augure pour la suite de la programmation de la saison, qui est si alléchante !

mardi 24 janvier 2023

C'est reparti

 A force de taper sur la tête des gens, ils vont peut-être finir par réagir, qui sait ?





en tous les cas, l'année commence bien.

samedi 28 mai 2022

Tempétueux Figaro

 Je devrais aller plus souvent à l'opéra...

Ce Barbier de Séville au Théâtre du Capitole, opéra désormais "national", je m'en souviendrai ! Je n'avais pas autant ri depuis si longtemps ! Une mise en scène (Köpplinger) moderne mais pas trop, loufoque et iconoclaste, un peu hétéroclite tout en respectant les convenances théâtrales. Un pur bonheur. 

De belles trouvailles comme ce personnage "additionnel" dont on se demande tout du long : mais qui est-ce donc ? Un clown à la Buster Keaton qui accentue le décalage général. C'est en fait l'Eveillé, l'un des domestiques de Bartolo, bouffon malgré lui, niais mais attachant. Du pur Beaumarchais. Et bien d'autres personnages loufoques et attachants, bref une ambiance "du tonnerre". 

Côté distribution, il y avait alternance donc je ne peux en parler qu'à moitié. Pour ma part (25 mai), j'ai trouvé le ténor (Almaviva) beaucoup trop léger dans les aigus et la voix de Rosina un peu âgée (pourtant ?). Les autres convenables. Mais de toutes manières tout le monde était quelque peu écrasé par Figaro, qui lui était très à l'aise, dans sa voix et dans son rôle et emportait le reste de la troupe dans un galop effréné.

Orchestre impeccable mené tambour battant par un Cremonesi efficace. Seul le choix d'avoir écourté certains récitatifs ou certaines scènes m'a un peu chagrinée, mais vraiment, tout le reste était tellement agréable que ce n'était même pas grave.

On en redemande, on en veut encore, même quand ça finit bien... du comique de langage, du comique de situation, tout y était, bien joué, fort bien joué.

Un véritable feu d'artifice, entre roses à épines et cactus qui piquent, des bouffées de rire, de gaieté et de joie. Une fin de saison qui nous donne envie d'aborder la prochaine avec la même désinvolture... 

mercredi 15 avril 2020

Confinement vs liberté

Chassez le naturel il revient au galop.
On modifie l'environnement depuis tant d'années que la nature se rebelle.
Les humains restent cloîtrés et la nature... est en joie : vent quotidien qui balaie tout sur son passage ; arbres et taillis foisonnants ; animalerie en goguette.
Les oiseaux sont les rois des toits et des branchages et pépient dans un silence assourdissant.
Les hérissons ne sont plus inquiétés et peuvent traverser en toute sérénité.
Tout est arrêté.


dimanche 22 septembre 2019

Une histoire de fous

Sûrement que pour tout le monde, le mot asile fait peur. Asile psychiatrique aussi, voire plus. Asile de fous, l'expression a des connotations d'étrangetés, de peur, de violence, de méconnaissance.

Alors pour ces Journées du patrimoine, nous sommes partis visiter le Centre hospitalier Gérard Marchant, dont l'histoire est exemplaire à tous points de vue même si aujourd'hui, les soignants campent devant l'entrée pour dire toute leur incompréhension de ce qui est entrain de se passer dans le milieu hospitalier : rentabilité oblige, on rogne sur tout : moins de soins sur place, moins longtemps, davantage d'ambulatoire ne répondant pas toujours aux besoins des patients, moins de personnel, horaires chargés, etc, etc.
Une exposition d'archive, réalisée pour les 150 ans, retrace l'histoire de la construction de l'établissement, des films videos montrent la vie, l'avis des soignants, dans ce lieu un peu unique, très arboré, très étendu (plus de 200 hectares à l'origine), intelligent par sa conception architecturale. De grands noms de médecins aliénistes y sont attachés et on finit par saluer l'arrivée des neuroleptiques, qui ont certainement tourné la page à de très nombreux désordres devant l'incapacité à comprendre et à soigner les maladies mentales.

Malgré la catastrophe d'AZF en 2001, qui a quasiment tout détruit (c'est situé en face), l'établissement a été reconstruit depuis (grâce à son classement aux monuments historiques ?), même si les anciens pavillons ne sont pas encore remis en état. Les projets sont là, manque l'argent... comme depuis des centaines d'années. Déjà, à sa construction, il avait fallu trouver les matériaux les moins chers pour le finir. Heureusement, les moins chers se sont trouvés être les matériaux locaux, on y retrouve donc brique et galets de la Garonne... dont se sont également servis les patients pour faire des dessins.
On voit les anciens ateliers de travail, le vieux château d'eau transformé en pigeonnier désormais abandonné, l'ancienne cheminée de la chaufferie désuète et le "nouveau" château d'eau qui domine le site, gris de béton malgré son nombre d'or architectural, quel seuls les initiés aperçoivent d'en bas. Et un escalier avec une très belle balustrade et rampe en fer forgé réalisées par les patients, en atelier.

Mais le clou de cet espace si spécial, c'est bien la chapelle. Une chapelle à deux entrées identiques, l'une pour les femmes, l'autre pour les hommes, longtemps séparés, même malades. Quand on y entre, on a une sensation de bien être et de chaleur, avec ses deux anges qui entourent l'autel, ses colonnes à la peinture décolorée et ses vitraux vides. Son histoire est sûrement loin d'être calme pourtant, mais les patients qu'on y amenait devaient s'y sentir apaisés peut-être. Aujourd'hui elle est désaffectée mais reste ouverte et accueillante. Elle pourrait même servir de lieu culturel, ouvert sur la cité, si seulement quelques Toulousains voulaient bien faire un don pour qu'elle retrouve couleurs et confort. 
Un lieu à visiter, à partager, pour avoir moins peur la prochaine fois qu'on entendra le mot "asile".






samedi 13 avril 2019

Ariane et la lumière

Vous connaissez tous Paul Dukas, compositeur de l'Apprenti sorcier (mais si, souvenez-vous, dans Fantasia, Mickey et son balai magique, qui n'arrive pas se faire obéir...). Mais dans le genre plus difficile, il a également composé un opéra, qu'on peut qualifier de contemporain donc, puisque du XXème siècle.
Cette année au Capitole, c'était deux Ariane pour une : Ariane à Naxos de Strauss et Ariane et Barbe-bleue de Dukas. J'ai choisi celui-ci parce qu'il est assez rare et que certains passages me font pleurer, dont le fameux les 5 filles d'Orlamonde que chantent les femmes privées de liberté. J'ai un peu plus de mal avec l'autre.
Etrange histoire que celle-ci... assez loin du conte de Perrault, moins morbide, moins épais, moins sombre, tout entier tourné vers la liberté et la lumière.
La lumière, le metteur en scène l'a bien mise en avant : lumières très blanches, décor entièrement blanc, costumes blanc et noirs, jeu de rôles, de doubles entre les personnages. Avec des danseurs presque nus qui en miroir font face à leur personnage costumé. Un décor de bas relief grec antique, aux corps nus entremêlés, aux escaliers labyrinthiques et toujours les portes blanches, ouvertes ou fermées.
Le jour et la nuit, le souterrain et l'air, la liberté et l'asservissement. Les 5 femmes à peine libérées par Ariane qui n'a peur de rien préfèrent retourner dans leur enfermement, cette fois par choix.
Ça me rappelle quelque chose... même plusieurs choses, anciennes ou actuelles. On peut en tous les cas en discuter à l'infini sans trouver de réponses.

Cet étrange opéra est tout entier ciblé sur le personnage d'Ariane, en scène tout le temps et qui mène "la danse" tout du long. Il faut une sacrée voix pour tenir, même si la durée est relativement courte pour un opéra. Des rôles muets (Alladine) ou quasi muets (Barbe Bleue) qui passent pourtant très bien au vu de leur présence scénique. La maestria de Stefano Poda nous fait glisser dans un monde ouaté mais pas si tranquille, à l'aide d'une chorégraphie bien plus qu'une mise en scène. En effet, les personnages se meuvent de manière très lente, comme au ralenti, dans leur costume empesé, amidonné, à volants ou à effet tournoyant. Un binôme de noir et de blanc au millimètre près, composé comme un ballet japonisant.
Un effet visuel excellent qui capte la spectatrice, déçue du manque de succès d'Ariane auprès de ses soeurs même si pour se rassurer, elle se dit que Barbe bleue lui-même ne pourra plus être celui d'avant après ce passage de lumière fulgurante dans sa vie si cruelle et solitaire.
La direction d'orchestre (Pascal Rophé) était flamboyante et énergique à souhait pour accompagner la soprano Sophie Koch, calme et sûre.
Une soirée bien originale, avec un théâtre à moitié rempli, la musique contemporaine ne rassemblant pas la même foule que pour Verdi ou Mozart... Peu importe, il faut de tout et oser les "premières fois".

samedi 16 mars 2019

Russian atmosphere ou l'âme en partage

Pour une 1ère (?) édition, il faut reconnaître que c'est réussi. Un large choix d'évènements en lien avec la musique, russe et/ou française : des concerts bien sûr, des ciné-concerts, des rencontres, des récitals... dans plusieurs lieux, afin que chacun puisse s'y retrouver et trouver son bonheur. Et une librairie qui en profite pour aménager un rayon entièrement consacré à la littérature russe pour que les lecteurs ou auditeurs aient envie d'aller plus loin.

Pour ma part, j'ai profité de presque tout :

- le concert de l'académie internationale de direction d'orchestre, avec en première partie, trois tout jeunes chefs plein d'avenir (enfin, qui peut le dire ?) qui dirigent l'un après l'autre des morceaux de musique choisis, russes ou français (Berlioz, Debussy, et ???). Très intéressant, de voir leur gestuelle et leur manière d'être avec l'orchestre. En deuxième partie, un Tugan Sokhiev au sommet de son art, qui dirige Stravinsky (L'oiseau de feu) et un orchestre du Capitole encore subjugué par les master class dont il faisait lui-même partie. C'est bien, comme l'a dit Sokhiev, que les orchestres puissent également, en entier, participer aux heures d'enseignement données car c'est profitable pour les deux parties : les musiciens comme les chefs apprenants. C'est bien de donner la possibilité à ces jeunes de diriger un orchestre au complet et les oeuvres choisies n'étaient pas les plus faciles. Chapeau.

- un autre concert, toujours avec Stravinsky, l'Histoire du soldat, si peu souvent jouée, pourquoi ? Fléchée jeune public on ne sait pourquoi, d'ailleurs le public ne s'y est pas trompé il y avait bien plus d'adultes que d'enfants dans la salle. Dommage qu'il n'y ait eu qu'un seul récitant, sans acteur soldat ni diable, cela rendait un peu plus difficile le suivi de l'histoire. Un peu monocorde, dite trop vite et sans vraiment prendre des tons différents selon les protagonistes. Bon, le petit sextuor a sauvé l'ensemble. Ou alors c'est Stravinsky lui-même ? Peut-être...
- un récital découverte où je suis allée un peu par hasard, sans rien connaître : un pianiste virtuose de 30 ans, russe et un peu guindé (Nikita Mndoyants), qui a joué sans partitions Prokofiev et Moussorgski, mais également lui-même ! Un compositeur de ce niveau qui joue dans cette salle si spéciale de Saint-Pierre des Cuisines, pour un public disparate mais enthousiaste, c'était vraiment bien, même si le son du piano nous a paru un peu métallique. Mais pour du contemporain, c'était finalement pas grave.

- l'apothéose, c'est le Bolchoï qui vient jusqu'à nous. Entre Ivan le Terrible et La Dame de Pique j'ai choisi... la dernière ! Et d'ailleurs, ça m'a donné envie de me replonger dans la littérature russe puisque le livret est tiré d'une nouvelle de Pouchkine. Vraiment, je crois que je n'étais pas la seule dans la salle à être subjuguée par le haut niveau de tous : les choeurs, absolument parfaits ; le son de l'orchestre, puissant et profond, très différent du son de l'orchestre du Capitole (pourtant c'était le même chef !). C'est vrai que les cordes étaient particulièrement nombreuses... Une mention spéciale pour les voix, qui du ténor qui reste en scène du début à la fin jusqu'aux rôles secondaires, étaient tous de niveau bien plus élevé que ce que j'entends en saison habituelle. Des voix russes, graves et rondes, splendides. Quelle fierté de recevoir ce Bolchoï de Russie ici et d'avoir la chance de les entendre sur scène sans devoir aller jusqu'à Moscou ou Saint-Petersbourg !
Tout cela pour pas cher, voire gratuit. Des spectacles ou concerts de ce niveau à ce type de prix, franchement c'est donc possible. Et si c'est possible, c'est aussi grâce à des gens qui aiment partager, qui vont vers les autres, qui font tout pour que les uns et les autres se connaissent et se reconnaissent. Merci Monsieur Sokhiev, pour tous ces moments de bonheur.

jeudi 27 décembre 2018

Bonne nouvelle

Il existe parfois des possibilités, des projets qui prennent corps et puis âme. Il faut juste laisser le temps et la confiance s'instaurer, se réinstaller, se laisser persuader. Au-delà des mandats ou des revers électoraux, il existe des artistes qui vont au bout de leur rêve et accueillent chacun s'il veut s'y laisser prendre, s'y laisser perdre, se laisser rêver.
Ainsi est arrivée La Halle aux Machines à Toulouse, sur une esplanade presque aussi grande que celle de Nantes. Après l'opéra urbain du Minotaure le long des rues pavées du centre ville, voilà cet animal fantastique à la portée de tout un chacun, admirable et admiré sans chercher monnaie. C'est tellement rare de nos jours qu'il faut vite en profiter. 
On peut y aller à pied, se promener et lever les yeux sur cette chimère de bois et de fer, de cuir et de métal, qui nous regarde de haut si gentiment. Pourquoi s'en priver ?
Il y a aussi, dans le style chimères, un manège d'animaux fantastiques qui fait le bonheur des petits et des grands et au-dedans, une grande symphonie de machines mécaniques, de celles qui ne servent à rien qu'à vous faire rire et applaudir.
Pourquoi attendre ?



Et l'an prochain, c'est promis, on fait le Voyage à Nantes !

mercredi 17 octobre 2018

Le Printemps de septembre, ou la poésie des titres

Cette année encore, j'ai essayé de comprendre le comment du Printemps et pourquoi en septembre. 

Mais outre le fait que les expositions étaient disséminées comme les cailloux blancs du Petit Poucet dans la grande forêt, les oeuvres que j'ai rencontré ne m'ont fait aucun effet. Je reste perplexe devant des travaux qui demandent plus de temps pour tenter de les comprendre que pour les apprécier, simplement. Les explications sont de plus en plus longues, de plus en plus nécessaires, de plus en plus complexes et ne nous aident pas vraiment.

Cette année, quand même :  à part les photos détournées au Château d'eau : B-R-E-E-K de Hippolyte Hentgen, entre dessin de presse et bande dessinée mis en scène et les néons colorés arc en ciel placés dans l'église des Jacobins par Sarkis - Mesure de la lumière (église qui vraisemblablement n'a pas besoin de quoi que ce soit pour être admirée), rien ne m'a franchement "arrêtée" dans ce parcours d'art contemporain dont le seul aspect positif est qu'il est gratuit.
Oui je sais bien, certains diront que je n'ai rien vu (c'est vrai), que je n'ai pas la culture (sûrement), que je n'ai rien compris (sans nul doute), mais s'il faut un doctorat en beaux-arts pour apprécier, hé bien alors tant pis. C'est comme les pub auxquelles on ne comprend rien parce-qu'on n'est pas la cible.

Cette année pourtant, ce qui m'a plu, au final, au-delà des oeuvres elles-mêmes, ce sont leurs titres. D'une poésie admirable, pleins de sous-entendus rêveurs, ils invitent à aller plus loin, bien plus loin que les expositions ou rétrospectives qu'ils montrent.

Je vous donne quelques exemples :

Fracas et Frêles Bruits
Le Hibou aussi trouve ses petits jolis
Vision de nuit
Les Mariées de Fécamp
La Grande Cavalcade
l'Elégie des lisières
Eloge du carburateur 

et puis surtout, cette citation de David Claerbout que je vous livre  en toute connaissance de cause :
"on pourrait très bien éteindre la lumière et contempler la nuit toute la journée".

L'an prochain, c'est sûr, j'y retourne.



Le Printemps de septembre, 21 septembre - 21 octobre 2018.

dimanche 30 septembre 2018

Violetta, en fashion victim ?

Pour cette représentation, co-production Toulouse/Bordeaux de la Traviata, on plonge directement dans le monde de la haute couture. Avec un Franck Sorbier en costumier-couturier, qui a joué non pas sur du velours mais sur les camélias transfigurés. Une dégringolade de camélias, noirs, rouges ou blancs mais partout. D'abord sur les toilettes de Traviata, noire et blanche, puis noire, enfin rouge et pour terminer, blanche diaphane avec une seule tache rouge au milieu de tout ce tulle qui s'envole.

Les costumes sont donc somptueux, soit. Mais hélas, cela écrase un peu la dramaturgie, ça éloigne le sentiment, ça décale l'intention. On y croit mais qu'un peu, à ce drame qui se joue sur fond de méditerranée, pin parasol, piscine bleutée et costumes impeccables. Cela ne pourrait être qu'une intrigue banale au sein de la jet set, qui s'amuse et joue en toile de fond. Cela pourrait n'être qu'une représentation. D'ailleurs, c'en est une.

La trouvaille est sur les deux danseurs, Violetta et Alfredo en costumes squelettes, élancés, beaux et grinçants qui tirent sur les ficelles de ces marionnettes gesticulantes. Bravo à eux, impeccables jusqu'au sublime. Car le reste de la mise en scène est d'une banalité affligeante. Effets de groupe estompés par des décors lourdauds, pas de mise en valeur des voix hors les trois principales. La tragédie ne se joue presque qu'à trois, mais on pourrait, sûrement, compter sur autre chose que les costumes pour la mise en valeur de l'ensemble.
La direction d'orchestre de George Petrou écrase aussi un peu les voix, mais peut-être était-ce, ce jour-là, pour masquer certaines imperfections. Une première pour le chef, une première également pour le ténor Kevin Amiel, bien faible pour ne pas être dominé par la présence de Polina Pasztircsak, bien plus assurée et aguerrie. Dommage, normalement c'est elle, la phtisique, pas lui. J'exagère, mais leurs gabarits n'allaient pas bien ensemble et cela ajoutait à la distance ressentie envers ce drame qui devrait être passionnant. Seul le 3ème acte, centré sur la fin de Violetta, arrivait à nous tirer des larmes. Pour le reste, on n'avait guère de peine.
Germont, endossé par André Heyboer, solide malgré un petit air mafioso dans l'acte II (ou était-ce à cause du pin parasol et du costume ?) et malgré le rôle lui-même, tellement incompréhensible jusqu'au bout, sorte d'empereur venant détruire sous des prétextes fallacieux la vie de celle qui n'avait rien demandé. Et qui peut dire pourquoi il arrive à ses fins ? Des parents de ce style devraient être interdits.

Malgré tout cela, un drame contemporain depuis plus d'un siècle. L'amour, toujours, cassé en deux et jeté aux orties pour des convenances sociales et familiales subies/acceptées par tous. Cet opéra n'a pas pris une ride, malgré Mai 68 et le libertinage ordinaire. A écouter et réécouter, sans cesse et par qui vous voudrez.

Enfin, pour celles et ceux qui trouvent le choeur des bohémiens trop court, en voici un très gourmand.

mardi 17 juillet 2018

marathon des mots

Certains courent 42 kilomètres et des poussières pour brandir un drapeau, d'autres courent le guilledou ou la prétentaine, mais nous, nous  sommes quelques un(e)s à préférer arpenter les rues aux heures les plus chaudes, le dernier week end de juin, pour nous engouffrer dans une salle souvent obscure pendant un peu moins d'une heure et partir à l'aventure. Au gré des romans, des essais, des biographies lus avec beaucoup de classe par des acteurs de tous horizons, on s'envole au Portugal, en Tunisie, en Afrique du Sud, en Irlande, en Suède. On écoute ces histoires qui viennent d'ailleurs et qui pourtant nous ressemblent à s'y méprendre. On s'étonne, on s'émeut, on rit, on applaudit.
Bravo à ces écrivains, jeunes et talentueux, invités et émus eux aussi d'être pour une heure mis sous les feux de la rampe. Bravo à ces interprètes, qui lisent et jouent, qui rentrent dans ces histoires qui leur sont étrangères et nous font les suivre jusqu'au bout du chapitre. Bravo à ces éditeurs qui aiment passionnément leur métier et découvrent sans cesse d'autres pépites.
Bravo pour l'idée et la réalité de ce Marathon des Mots annuel, qui germe et se reproduit depuis près de 15 ans, avec autant d'auditeurs qu'au premier jour, fidèles et avides de "fouiller les mots".
4 jours complets sur un grand territoire, en librairie, en bibliothèque, en salle de spectacle, en concert, dans et autour de la ville rose. C'est un bijou que l'on espère conserver longtemps.

www.lemarathondesmots.com

mercredi 23 mai 2018

pourquoi Macbeth ?

Fin de saison remarquable au Capitole, avec un opéra de Verdi éblouissant, Macbeth (drame de Shakespeare tout à fait tragique) :

Life's but a walking shadow, a poor player,
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing. 


- effaré, de l'air qu'a le rôle titre tout au long de l'oeuvre, sans que l'on sache si c'est un jeu ou son caractère. En tout cas, ça tombe bien avec ce personnage mi terrifiant, mi terrifié
- effrayants, les choeurs de sorcières, mi anges mi démons, machiavéliques machinations, mauvaises augures ricanantes et délicieuses dans leur double costume noir et blanc, qui ne quittent pas la scène
- édifiante, cette histoire médiévale de massacres joyeux entre familles écossaises juste pour l'or, la puissance, le règne, même si c'est un leurre futile
- équilibriste, cette Lady Macbeth qui se perd par appât du gain immédiat, sans penser à sa conscience qui la rattrapera sans pitié, inéluctablement
- étonnants, ces décors en forme de miroirs cubiques et d'arbres renversés, arbres sombres aux formes suggestives, qui se meuvent et disparaissent par magie
- ébouriffante, cette manière de raccourcir l'action imaginée par Shakespeare, qui tronque un peu la transformation lente des caractères dans leur course à l'abîme. Le public qui ne connaît pas a minima l'intrigue de base aura du mal à suivre...

bref, une soirée étonnante et détonnante, avec un orchestre éclatant mené d'une baguette italienne pour 4 actes flamboyants.

De biens beaux moments, si rares, à sauvegarder dans notre bourse à souvenirs.